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Carolina Diomandé

Artiste peintre, Professeur d’arts plastiques chez chezmoi , bordeaux - france

Créations

un dessin par jour

Comme je l’ai dit dans mon autre blog , j’ai commencé ce travail quotidien il y a un peu plus d’un an,Aout 2013 pour être précise; Ma production est d’une régularité merveilleuse, à raison d’une réalisation tous les deux jours en moyenne vous pouvez vous même faire le compte des dessins et petits tableaux que j’ai réalisé depuis ce temps…. Je ne pourrai pas vraiment vous expliquer pourquoi je n’arrivais pas à produire autant avant.Il y a mille raisons ,la pratique artistique est singulière ,difficile à mettre en mots, et autant je m’y emploie sur l’autre blog ,autant ici je n’ai envie de parler que du résultat: comment je l’ai fait avec quoi ,à quelle date. Il se peut que j’y ajoute des références parce que je suis lucide, je ne viens pas de Neptune et toute l’histoire de l’art court allégrement dans ma tète et m’influence de gré ou de force.voilà c’est parti! C’est le numéro cinq d’une série de soixante dix huit dessins du même format; vingt centimètres sur vingt centimètres. Papier épais ivoire à grain de bonne qualité. Tous ces dessins font partis d’un carnet à spirales.Médium : feutres de la marque « faber castell », ces feutres sont réputés pour la beauté de leurs nuances, la stabilité de leur encre et la finesse de leur pointe (je ne suis pas encore sponsorisée!) J’y suis accro et possède une caisse de bois remplie de ces feutres que j’achète chaque mois avec amour. Je vais d’abord vous expliquer la manière de procéder, elle est simple et c’est toujours la même (c’est important de le dire parce que cela donne une certaine cohérence à la série ), c’est un peu comme un rituel. J’utilise ce mot à dessein parce que je dessine de manière quasiment religieuse, dans le sens de la prière quotidienne, d’un retour sur soi ,d’une mise en état de méditation.Cela va paraitre idiot mais je me sens mieux psychologiquement depuis que je pratique quotidiennement le dessin, j’ai une pensée fervente pour ceux qui ont l’art en eux et « que la peinture a quitté » (cette expression saisissante et triste m’a été rapportée par deux peintres différents,par deux personnes que je considère comme très douées…). Je suis assise sur une petite chaise en bois , sans support, sans table. Je dessine sur mes genoux, j’ouvre le carnet je regarde la feuille blanche, celle ci représente le vide mais surtout pour moi l’infini des possibles. Dans cette série n°1 je commençais par faire un cadre pour délimiter mon sujet , une fois ce cadre fait tout va très vite. Il n’y a aucune place pour la réflexion.Il faut s’imaginer le dessinateur comme un plongeur qui entre dans ses abysses sans la peur, enfin moi je n’ai aucune peur de mal faire parce que je ne sais pas ce qui va « sortir » de moi. En cela, mon travail actuel se rapproche du surréalisme dans le sens: « faire agir l’aléatoire ,ouvrir la porte aux rêves,à l’inconscient »…Je déteste Dali qui représente pour moi tous les travers d’un artiste doué mais bonimenteur et roué ,berk. Maintenant, j’ai fait mon cadre c’est déjà une performance que de tracer des lignes « à peu près droites » ( essayez vous verrez)! Et cette concentration me sert pour continuer. J’enchaine en faisant le tracé du dessin, le dessin c’est la trace qui veut dire j’existe, c’est la première chose que fait l’enfant quand on lui met un crayon entre les mains, le fameux gribouillis émouvant.Le dessin ce sont les animaux des grottes rupestres, c’est aussi …le graffiti dans les toilettes du lycée avec sa part d’obscénité. Je détestais le dessin aux Beaux Arts.Et pourtant j’y suis revenue. Dans « la tente indienne » ,il est question de formes qui fonctionnent par effets de dessus/dessous, ce qui oblige à vraiment se concentrer et qui ne permet aucune erreur puisque je commence directement aux feutre noir molotov pointe 0,1; de toute façon je n’aime pas gommer. A cette période, ce n’est que mon cinquième dessin, je tâtonne complétement, j’use donc de formes simples, des formes qui ne viennent pas de nulle part, elles sont dans ma production depuis plus de vingt ans, des formes molles, des courbes qui sont dans ma symbolique autant de rappels à l’organique, le viscéral ,le sexuel.Lorsque l’espace me semble suffisamment rempli deux possibilités : soit je passe directement à la mise en couleur (je regarde l’ensemble ,décide d’une gamme de tons et je commence le coloriage ), soit je tourne vite la page et j’en commence un nouveau jusqu’à l’heure du coucher. Ce qui m’amuse fort en ce moment c’est l’émergence de petits livrets contenant des mandalas ,des dessins de diverses origines en noir et blanc à colorier….: des albums de coloriage pour les adultes vendus chers sous le titre pompeux d’exercices d’art thérapie…Autant vous dire que ce mouvement n’a eu aucune influence sur ma démarche , et elle durera (ma démarche) bien après que ces albums soient périmés et remplacés par une nouvelle lubie de bobos en manque de transcendance. Dans ce dessin ,il semble apparaitre des contenus sexuels : trous ,pointes,vulve centrale clairement dessinée comme telle;Il y a aussi un jeu de dents, ne parle t on pas du vagin denté qui fait tant peur aux hommes (l’ogresse Juju n’est jamais loin), il y a aussi une goutte ,la goutte de vie ,l’essence majeure présente depuis toujours dans mon travail, il y a aussi les ronds au nombre de sept, je dessine des cercles depuis mon enfance ( je vous montrerai à l’occasion mes dessins d’enfance)…Là aussi mes vieilles fixettes sont toujours présentes, je dis cela pour montrer qu’il y a continuité dans le travail derrière une apparente simplicité voir naïveté du trait.Cette simplicité me calme, m’oblige à plus de rigueur dans le tracé et ça c’est bon. Mais j’avoue j’ai eu du mal à l’accepter au début , moi qui suis très expressionniste par « nature »; la gamme de tons est terrienne, chaude, et douce c’est ce que je voulais, la vulve est bleu lavande parce que le fond est terre, je voulais jouer avec la complémentarité des couleurs et mettre en avant cet organe peu dessiné par les artistes.Ce travail sibyllin parle de la vie qui émerge, qui avance,qui pulse, éjacule. Alors pourquoi le titre : « la tente indienne »? Vraiment vous voulez savoir? Je ne sais pas, je donne mes titres après coup ,en rafale sur une soirée pour toute une série afin de continuer à laisser parler l’autre ,celle qui est dedans qui s’éclate de plus en plus. MON projet Continuer à dessiner tous les jours et trouver des lieux d'exposition pour montrer et tenter de vendre cette production.ceci dans le but de financer mon entrée dans une école d'art thérapie.Si j'ai pu sauver ma peau par l'Art, je pense pouvoir aider ceux qui en ont besoin ,j'aimerai travailler comme art thérapeute avec des enfants en difficulté(mon métier de professeur m'a sensibilisée à cette problématique)j'aimerai travailler avec des enfants à l’hôpital, ceux qui sont en prison,les personnes âgées en maison de retraite......il a vraiment de quoi travailler et apporter du soutien.il me manque juste les finances.l'envie ,la passion,le courage sont bien présents.

un dessin par jour "teddy bear dead"

Maintenant je me suis expliquée de manière approfondie sur le « comment je procède « on va pouvoir faire plus court. Mon objectif étant de montrer de nombreux travaux pour que cela soit vraiment comme une galerie en ligne. Il va de soi que je suis propriétaire de ces images qu’elles soient numériques ou « réelles», je vous demanderai donc de respecter le droit de propriété intellectuelle, on n’est pas sur Facebook ici. Titre : » teddy bear dead », n°6/28.Format 20 cm sur 20 cm. Support : papier ivoire à grain épais de type artisanal; Médium : feutres. Date: 28/08/2013, série 1 Je constate que j’ai deux boulots pour la même date ce qui veut dire que c’était un jour faste! Ce qui me frappe d’emblée dans ce dessin c’est sa tonalité sombre faite en demi teintes. Il se compose de plusieurs « corps », celui de l’ours (c’est un ours je le sais parce qu’il est brun, parfois il ne faut pas chercher midi à quatorze heure, en tout cas avec moi!). Il y a une ambiance dramatique dans le sens ou cet ours femelle : nous le devinons par la présence d’une vulve au centre du corps complètement disproportionnée d’ailleurs, semble avoir été ouverte, dépecée…Des membres flottent avec légèreté tout autour d’elle sur un fond vert mousse très reposant. La tète n’est plus qu’un crane couleur chair donc nécessairement vivant ou survivant, aux longues dents vert acide, les deux orbites démesurés sont traversés par une sorte de serpent gris moyen, deux globes oculaires brun chaud. La composition est simple avec cette forme centrale, sorte de mise en croix avec divers éléments dispersés autour apportant dynamisme et impression de vie malgré tout. Je vois aussi en arrière-plan tout le système génital féminin et ça je le découvre aujourd’hui avec vous… D’un point de vue sémantique ,je peux dire maintenant après coup que là encore j’ai voulu montrer la force de vie féminine qu’on a beau crucifier, démembrer sans effet sur une sexualité triomphante et sans honte. Je pense que comme lorsque j’avais cinq ans, les petits ronds disent: coucou c’est moi là. Quant au titre, il me semblait énigmatique mais finalement après observation et décorticage du dessin cela peut se comprendre. Une dernière chose qui me trouble là soudain, petite j’étais très dépressive et introvertie, j’ai désossé un petit esquimau en fourrure véritable avec acharnement, j’ai fait ce carnage triste (j’adorais cette petite poupée) sans réaction de mon entourage, qu’en est-il aujourd’hui? Carolina

un dessin par jour,"truc et muche"

Le titre de ce dessin est « truc et muche », il est fait avec des feutres sur du papier à grain artisanal, format 20 cm sur 20 cm. C’est la série n°1, date : 31/08/13. Sur un fond gris bleuté sombre se détachent diverses formes. La problématique (si je peux me permettre d’employer ce terme un peu emphatique) est « dessus-dessous » avec ce que cela implique de vu ou caché, occulté, entrevu, mis en avant et apporte malgré la simplicité du dessin une certaine impression de profondeur; ce qui est derrière est nécessairement plus loin que ce qui est devant. Une petite digression, j’ai beaucoup de mal avec la représentation de l’espace telle qu’on l’apprend dans les écoles d’art et que j’ai longtemps prise pour la norme « absolue » : la perspective linéaire, inventée pendant la Renaissance italienne. Ce fut pour moi un réel soulagement de comprendre que ce n’était qu’une convention parmi d’autres et que tout simplement elle ne me convenait pas. Tout comme la représentation du « réel » qui fait toujours beaucoup sensation : « whoua trop bien fait, on dirait une photo » qui m’ennuie, je ne comprends pas pourquoi je devrai m’acharner à représenter fidèlement quelque chose qui existe déjà. Je n’y trouve pas d’intérêt et je n’ai jamais cherché à épater la galerie avec ce « don ». Je sais dessiner de manière réaliste et je le fais quand j’en ai besoin pour noter un croquis ou faire un projet mais ça reste de l’ordre de l’intime, je n’en tire aucune fierté. Sur ce fond gris bleu violacé vibrent et dansent deux entités, d’abord il y a Truc en ocre, sorte d’os à cornes au regard malicieux et puis il y a Muche plus grand, couvrant partiellement Truc de son unique bras, entité à double bouche aux dents bien pointues, au niveau du ventre, il possède un sexe féminin ouvert et coloré. Autour de ce « couple » improbable » sont disposés occupant l’espace de manière régulière, des petites choses vert laitue :os,œuf,boules plus un cadre fait d’os gris sombre qui ne met rien en valeur puisqu’il est situé derrière et en parti occulté par le « bras-aile » de Muche. Le vide et le plein s’organisent de manière harmonieuse .T tout est plutôt arrondi et courbe, à part les dents de Muche et les cornes de Truc. Les formes sont colorées de manière uniforme en aplat (chose que permet avec aisance le feutre) , il y a toutefois quelques emplois de traits ,de stries qui rythment l’ensemble et mettent en valeur certaines parties. Les couleurs employées sont franches, pures (pas de mélange possible avec ce médium), plutôt vives elles se détachent fortement sur ce fond nocturne mais apaisant, le gris n’est pas le noir… Au niveau sémantique, on peut déjà dire que même si apparemment le sens de ce dessin peut paraitre obscur il y a des indices qui vont nous aider à décrypter l’ensemble. Le titre peut déjà nous dirigé, il s’agit d’un couple, les deux formes différents nous permettent de différencier le sexe probable des deux acolytes. Truc est vraiment phallique par sa forme et il porte deux jolies petites cornes jaunes qui me font penser au dieu Pan, mais celui-ci n’a pas le premier rôle dans cette histoire et c’est bien Muche la vedette incontestée! Elle a un sexe très visible qui dit je n’ai rien à cacher, central, multicolore, un seule bras qui repousse Truc au deuxième plan du genre « pousse toi de là que je brille! «Truc l’observe avec attention en coin l’air de rien, mais elle ne regarde pas vers lui, elle regarde vers nous, d’un petit œil noir rond un œil de cétacé. Mais attention l’attribut féminin est accompagné d’une double bouche dentue et ouverte. Muche rit elle ou va t elle mordre? Je suis surprise de ce que dessine ma main quand je la laisse faire, c’est « encore » une ode à la féminité, une féminité forte qui va de l’avant, qui se met en avant. Muche est une ogresse comme mon personnage récurrent, ma Juju… Alors comme ça….. Je suis fière d’être ce que je suis? Une femme. En tout cas c’est ce que mes dessins disent, crient, avec candeur et naïveté, attention messieurs nous sommes là !